dimanche 11 mai 2008

Je - Nom, prénom - suis à vendre ...

"Tu as moins de 21 ans ? (…) CelBel t’offre un abonnement GRATUIT jusqu’à tes 21 ans (…) Le tout pour pas un rond !" Une offre appétissante, quand on sait l’importance du téléphone portable chez les jeunes. Mais voilà, après avoir répondu au formulaire d’inscription, un écran noir ramène l’internaute à la réalité…

"C’est vraiment une offre incroyable ! Sauf que CelBel n’existe pas ! Désolé. Mais rassure-toi il n’y a pas d’arnaque, c’est juste une façon de te faire prendre conscience des dangers du web et t’inviter à l’avenir à faire attention aux infos que tu transmets."

Par cette campagne de sensibilisation, le CRIOC & Safer Internet ramènent sur le devant de la scène la question de la transmission à tout va des données personnelles par les jeunes. La moindre inscription à un service en ligne, l’affiliation à une newsletter, l’accès à certaines parties "privées" de websites sont autant d’occasions par lesquelles nous transmettons nos données personnelles, au plus grand bonheur des bases de données de nos interlocuteurs qui se complètent, s’amplifient et se revendent.

La réutilisation commerciale de ces données dans le cadre des relances publicitaires, de spams est certes majoritaire. Mais plus globalement, c’est tout l’enjeu du profil de l’internaute, de sa personnalité, ses faits et gestes online qui peuvent être monnayés. Si tu aimes la photographie, si tu as dans ta liste d’amis facebookés beaucoup d’adeptes de tuning, si tu es jeune ou moins jeune… Tous ces éléments de ta vie privée participent à l’e-business de l’Internet. Ce contexte de navigation, transmission et contamination publicitaire est peu familier aux internautes.

Certes, il n’est pas simple de s’y retrouver. Les animations avec les jeunes sur leur utilisation du web font ressortir une certaine confusion quant aux enjeux et principes de la vie privée online. Données personnelles, vie privée et anonymat sur Internet se vivent chez eux à des degrés divers et même contradictoires dans certains usages. Par exemple, le pseudonyme et l’avatar, ces masques d’identité sont en effet davantage utilisés comme une seconde peau, un déguisement plutôt qu’une réelle protection de l’identité. Alors qu’ils jouent avec leur pseudonyme, nombreuses autres informations personnelles (école, trajets de bus, photos, clubs de loisirs, etc.) sont publiées à travers les billets, les profils personnalisés et les commentaires sur les blogs. En même temps, ils ont tendance à remplir rigoureusement tous les champs, même ceux non obligatoires, d’un formulaire en ligne d’inscription. Et, d’un clic automatique, on valide la charte d’utilisation du service sans en prendre réellement connaissance.

On distingue là tout l’enjeu d’une sensibilisation des jeunes au média Internet. La protection de son identité passe en effet par une réserve quant à la transmission des données personnelles, mais aussi par une attitude critique quant à la médiatisation de sa personne. Se protéger, c’est d’abord se respecter soi-même et connaître les limites, ses limites.

(Décryptons l'Actu, rédigé pour le site du CJC - 09/05/08)

2 Commentaires:

Denis a dit…

2 emails, 2 identités, problème oublié... non ?

serge a dit…

ok mais tous les jeunes ne sont pas aussi aguerris...
Serge D.